Un aperçu de la situation actuelle de l’économie hongroise et de ses perspectives
(actualisé: 20 mai 2005)
Conjoncture internationale
• Contrairement à ces trois dernières années, la croissance économique a considérablement repris en 2004 dans tous les centres économiques mondiaux et l’économie mondiale a atteint la croissance la plus élevée de ces quinze dernières années. Un léger ralentissement de la croissance globale est attendu en 2005, mais selon les données provisoires, le développement de l’économie mondiale va néanmoins dépasser cette année la moyenne des dix dernières années.
• La croissance des États-Unis s’est accélérée l’année dernière, et - malgré un léger ralentissement au cours de l’année 2004 - les États-Unis restent un des plus importants moteurs de l’économie mondiale. Cependant, le déséquilibre interne et externe de l’économie américaine continue à porter ombrage sur les perspectives à long terme.
• Après avoir été au plus bas en 2003, l’économie de l’Union Européenne a pris enfin son essor en 2004. L’économie allemande était aussi en pleine reprise, ce qui était particulièrement favorable aux exportations hongroises. Toutefois, le niveau de la croissance européenne demeure largement inférieur à celui enregistré aux États-Unis ou encore dans la région asiatique et les données témoignent d’un ralentissement au deuxième semestre.Au niveau des perspectives européennes, c’est avant tout le renforcement de l’euro par rapport au dollar qui comporte des risques, notamment celui de freiner les exportations, qui constituent, avec la fragile demande intérieure, la locomotive de la croissance.
• La tendance des années précedentes se confirme en 2004 : la flambée du prix du pétrole sur le marché mondial demeure et le prix du Brent grimpe au-dessus de 50 dollars le baril après une période transitoire de baisse des prix à la fin de l’année dernière. Le niveau actuel des prix est considérablement au-dessus de la moyenne des années précedentes et a un effet de freinage sur la croissance mondiale, bien que cet effet soit neutralisé en partie en Europe par la perte de valeur du dollar face à l’euro.
Croissance économique
• L’économie hongroise a connu en 2004, parallèllement à une croissance de l’économie mondiale accélérée, un mouvement de reprise : selon les données disponibles, le Produit Intérieur Brut s’est accru de 4 % annuels, quoique le dynamisme s’est modéré durant le deuxième semestre de l’année. En supposant la prolongation de la conjoncture occidentale, nous supposons une croissance économique proche de 4% en 2005.
• La croissance accélérée s’est accompagnée d’une structure favorable : la locomotive de la croissance s’est constituée de l’augmentation dynamique des investissements (7,8 % annuels, malgré une perte de vitesse au dernier trimestre). Les investissements tant dans l’immobilier (8,8 %) que dans les équipements (7,1 %) ont augmenté considérablement. Ceux réalisés dans la production des produits fabriqués représentent un quart du total des investissements et ont affiché un dynamisme exceptionnel de 15,3%. Vu l’importance des investissements infrastructurels en cours d’exécution et des projets de développements financés par l’UE, on s’attend également en 2005 à une augmentation des investissements qui dépasserait celle du PIB.
• L’augmentation de la demande a considérablement ralenti en 2004 ; cela est en partie dû au fléchissement de l’augmentation des salaires et aux restrictions fiscales, ce qui est un revirement favorable après des années précédentes, où la croissance a été clairement portée par la consommation. La consommation des ménages a augmenté de 3,5 % l’année dernière (8,1 % en 2003), tandis que la consommation communautaire a baissé de 2,1 % en ligne droite. Si on ne s’attend pas à un changement au niveau de la consommation des ménages, on présume en revanche la poursuite de la diminution de la consommation communautaire.
• Selon les comptes nationaux, les exportations ont augmenté rapidement (15,7 % par an) et bien que les importations ont accéléré à un rythme similaire, le bilan des échanges commerciaux contribue positivement à l’augmentation du PIB.
• L’ accélération de la production industrielle s’est poursuivie en 2004 : bien que le dynamisme de la croissance, pendant le deuxième semestre, s’est quelque peu calmé, le volume de la production brut a augmenté de 8,3 % (6,4% l’année dernière). Les exportations industrielles représentaient l’année dernière aussi la source exclusive de la croissance industrielle: pendant que les exportations ont augmenté de 15,7 % (malgré une petite perte de vitesse au deuxième semestre), le volume des ventes sur le marché intérieur – de même que ces dernières années – a stagné. Selon les données disponibles de janvier-février (qui témoignent d’une augmentation de 1,8 %), l’essor de la croissance industrielle a poursuivi son ralentissement cette année ; on s’attend ainsi à une croissance modérée aux alentours de 5 % en 2005.
1. En outre, la croissance du PIB a été influencée de façon positive par une progression économique exceptionnelle de l’agriculture de 36,3 % grâce à une année de récolte généreuse et par la croissance accélerée du BTP. En ce qui concerne l’agriculture, les résultats exceptionnels de l’année dernière seront difficiles à reproduire ; néanmoins, l’augmentation du BTP en janvier de 7,9 %, incite à l’optimisme. En même temps, à l’inverse du secteur productif, le ralentissement important de croissance des services (2,5%) est dû à une consommation réfrénée.
Compétitivité
• Bien qu’une augmentation de 11,2 % de la productivité – calculée à la base de la production industrielle brute – ait depassé l’augmentation des salaires bruts du secteur, le coût unitaire de la main-d'œuvre exprimé en euro a augmenté de 2,7 % en 2004, dû à une augmentation plus lente de la valeur ajoutée que celle de la production brute et à une légère revalorisation annuelle de la monnaie nationale, le forint. (Parmi les quatre pays de Visegrád, le coût unitaire de main-d'œuvre a légèrement diminué dans la République tchèque, plus sensiblement en Pologne, alors qu'une augmentation considérable a été observée en Slovaquie).
• En moyenne annuelle – dû en particulier ŕ l’évolution du deuxième semestre 2004 – le taux de change réel effectif du forint a connu une revalorisation de 3,7% par rapport à l’année précédente. Celle-ci signifie toutefois une moindre dégradation des indices de compétitivité sur la base de prix que celle constatée dans des pays voisins.
Marché du travail
• Le taux de chômage moyen annuel a atteint 6,1%, ce qui représente une hausse de 0,2% par rapport à l’année précédente. Cela signifie qu’en 2004 il y avait environ cinq mille demandeurs d’emploi de plus ; pendant cette période le nombre des employés a diminué de plus de seize mille personnes, alors que le nombre d’individus en âge de travailler a également diminué. Dans l’état actuel des choses, on ne s’attend pas à une diminution du chômage en 2005 (qui a monté au-dessus de 7% pendant le premier trimestre 2005, à cause en partie des effets saisonniers). En même temps, le taux de chômage de la Hongrie peut être considéré comme bas: celui-ci était de 8,8% dans l’UE élargie en février 2005 et se trouve dans le domaine des numéros à deux chiffres dans la plupart des pays nouveaux membres de l’Union.
• Des redéploiements favorables se sont produits en 2004 entre le secteur public et le secteur privé: le nombre des employés a considérablement augmenté (de 1,5%, soit trente mille personnes) dans les entreprises qui emploient plus de 5 personnes, pendant que le nombre de personnes travaillant dans le secteur public a diminué (de 1,3%, soit 11 mille personnes). Cette même tendance, quoique de façon plus modérée, se poursuit cette année: pendant les deux premiers mois, le nombre des employés a dépassé de 0,2% le niveau de l’année précédente, en raison de l’augmentation de l’effectif du secteur privé de 0,7%, et la diminution de l’effectif du secteur publique de 1,4%.
• Le commerce extérieur continue à se développer dynamiquement en 2004: selon les données préliminaires la valeur des exportations (calculée en euro) a augmenté de 15,7% par rapport à l’année précédente, celle des importations de 13,4%. La balance du commerce extérieur s’est également améliorée: le déficit n’a pas atteint les 3,9 milliards d’euros, soit environ 300 millions d’euros de moins qu’en 2003. Cette forte reprise semble se conforter dans une faible mesure seulement: pendant les deux premiers mois de l’année la valeur des exportations s’est augmenté de 9,8%, celle des importations de 10,9%. On ne s’attend pas à une augmentation réitérée du déficit en 2005: néanmoins, la diminution effective du déficit ne semble pas probable non plus, compte-tenu de l’augmentation rapide des exportations impliquant un fort dynamisme des importations.
• Le déficit de la balance des paiements courants était de 7 123 millions d’euros en 2004, de 759 millions d’euros de plus qu’en 2003. Le déficit annuel correspond au 8,9% du PIB, ce qui est de 0,2 % de plus que l’année précédente. La hausse du déficit est attribuée à l’augmentation des revenus liés aux investissements étrangers, tandis que la balance des transactions réelles (biens et services) s’est nettement ameliorée. On s’attend en 2005 à une légère diminution du déficit par rapport au PIB. En considérant aussi la hausse constante de l’excès de la balance du capital, le besoin pour le financement externe pourrait se modérer de manière encore plus importante.
• Les investissements directs étrangers étaient d’une valeur de 3 365 millions d’euros en 2004, ce qui est de presque 1,5 milliard d’euros de plus qu’une année plus tôt. Dans l'afflux total des investissements directs, les investissements directs sous forme d'actions et d’autres participations se chiffrent à 1 108 millions d’euros, les revenus réinvestis à 1 840 millions d’euros, les autres formes d’investissements directs à 416 millions d’euros. On s’attend à ce que les investissements directs étrangers en Hongrie (sous forme d’actions et de revenus réinvestis) se montent à 3,5 voire 4 milliards d’euros en 2005. Les investissements des entreprises hongroises à l'étranger étaient plus modérées (de 424 millions d’euros) en 2004 (en comparaison avec la valeur elevée de 2003), cependant en prenant en compte les plans d’acquisition régionaux de certaines grandes entreprises, on s’attend de nouveau cette année à une augmentation de l’export du capital.
• Le déficit du budget de l’État (en considérant les ajustements par rapport au système des retraite privé) est descendu à 4,5% du PIB, ce qui correspond aux plans du Ministère des Finances (modifié vers le haut au cours de l’année). Par rapport à 2003 le déficit a diminué de presque 2% par rapport au PIB et devrait continuer à décroître cette année à 3,6% du PIB.
• L’inflation générale en 2004 s’est élevée de 4,7 % en 2003 à 6,8 %. La hausse a été influencée notamment par les changements de T.V.A. et de fiscalité. Toutefois, l’évolution du taux d’inflation a clairement ralenti au deuxième semestre. L’indice des prix à la consommation sur 12 mois, qui avec 7,6% a atteint son plus haut niveau en mai, a diminué progressivement à partir de l’été pour atteindre 5,5% en décembre. Etant donné que l’augmentation des prix, due aux changements fiscaux de début 2004, se résorbe rapidement, la désinflation s’accélère aux premiers mois de 2005 (l’inflation était de 3,5 % en mars). Ainsi, il semble que l’inflation en décembre 2005 ne dépassera pas la marge fixée par la Banque Centrale (4% +/- 1%) et que l’inflation annuelle moyenne s’établira au-dessous des 4,5% prévus.
Marchés financiers
• Le rebond du marché des actions hongroises qui dure depuis mi-2003 a continué son extension en 2004; le cours des actions cotées à la Bourse de Budapest a augmenté en moyenne de plus de 40%. L’indice BUX a battu ses records plusieurs fois durant l’année, le marché a connu une extension encourageante (au cours du dernier semestre 2004 des transactions journalières en valeur de 12 milliards de forints se sont réalisées sur le marché des changes). L’essor du BUX semble demeurer début 2005, bien qu’une forte correction ait eu lieu mi-mars. Malgré celle-ci, le volume des transactions reste élevé et la valeur de l’indice du BUX a augmenté de plus de 10% depuis le début de l’année.
• Après les transactions hectiques de plus tôt, une consolidation est parvenue sur le marché des bons du Trésor et celui du forint. Les rendements ont commencé à baisser après un niveau élevé fin de 2003, ce qui a incité la Banque Centrale Hongroise à baisser les taux directeurs : la banque d’émission a baissé à sept reprises en 2004 l’intérêt de base, d’une valeur totale de 300 points. Cette série a été suivie de nouvelles baisses au cours des premiers quatre mois de cette année, l’intérêt de base a été réduit de 200 points, réduisant le niveau des taux directeurs à 7,5%. Le forint s’est renforcé continuellement pendant l’année précédente – à l’exception de quelques fluctuations au début d’année – et il s’est rapproché en mars de la marge de fluctuation côté fort, mais s’est de nouveau affaibli à la fin d’avril pour atteindre un niveau de 250 forints/euro.Délégation Commerciale140, avenue Victor Hugo 75116 ParisMétro: Victor Hugotél: 01. 53. 70. 67. 00fax: 01. 47. 27. 35. 63Adresse E-mail: delcomh@club-internet.frAccueil et secrétariatde lundi à jeudi de 8h30 à 17h00 le vendredi de 8h30 à 14h00,sauf jours fériés
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Délégation Commerciale de Hongrie (ITD-H Bureau)